Alors que paraît “circum”, premier album du groupe du même nom, le saxophoniste Vincent Mascart suit plusieurs pistes en parallèle.
Alors que paraît “Circum”, premier album du groupe du même nom, le saxophoniste Vincent Mascart suit plusieurs pistes en parallèle.
C'est au sein de Diagonal du pianiste Jean-Christophe Cholet qu'on a découvert à la fin des années 1990 la sonorité chaude et charnue de Vincent Mascart. Ce mini big band souple, fluide, résolument ancré dans le jazz et son histoire tant sur le plan de l'orchestration, du langage harmonique que de la dialectique écriture-improvisation se singularise dans sa façon d'explorer, en de longues suites ambitieuses, des traditions folkloriques européennes assez peu souvent abordées du point de vue du jazz. Après s'être intéressé aux folklores des Alpes, de Grande-Bretagne et des Balkans, Diagonal s'apprête à enregistrer sous le titre “French Touch” un disque consacré à la musique française du début du XXe siécle (du minimalisme de Satie au lyrisme de l’Hymne à l’amour).
Tout en explorant les traditions balkaniques aux côtés de Bojan Z (“Koreni”), Vincent Mascart intègre en 1997 la scène musicale maghrébine de Paris (l'Orchestre national de Barbès) puis, l'année suivante, le groupe hybride de musiciens regroupés autour de Nguyen Lê pour son album “Maghreb & Friends”. Lorsqu'en 2000, dans la continuité de ce projet fusionnel, le batteur Karim Ziad décide de fonder le groupe Ifrikya ("Afrique" en arabe) c'est tout naturellement qu'il invite le saxophoniste à la fête. Apportant dans ce contexte métissé sa science de l'improvisation et le lyrisme de ses contre-chants décalés, Mascart se révèle particulièrement habile dans l'art de faire danser son saxophone sur les grooves sophistiqués du folklore berbère.
Après une escale dans l'ONJ de Claude Barthélemy entre 2002 et 2005, c'est riche de ce parcours sinueux dans la profusion de styles qui caractérise le paysage contemporain que Vincent Mascart présente son orchestre, Circum. Avec cette petite formation voyageuse à l'orchestration aussi périlleuse qu'exquise (un sextette avec piano, tambourin et tuba pour assurer la “pneuma" et un alliage atypique de trois voix en liberté – chant, saxophone et trompette), Mascart fait la synthèse de ses pérégrinations musicale entre jazz et folklores traditionnels et démontre un vrai talent d'orchestrateur toujours au service du chant.
Cette obsession du chant se trouve également au coeur de son projet Les Enchanteurs. Propulsé par la batterie virevoltante de Jacques Mahieux, Mascart y entrelace les volutes de son saxophone aux sonorités à la fois archaïques et ultra-contemporaines de la vielle à roue de Glues Chabenat. Entre tradition et modernité, folklore imaginaire et abstraction pure, la musique de ce trio est d'une fraîcheur étonnante.
Nous remercions Jazzman pour son aimable autorisation. Toute reproduction à partir de ce site, autre qu'à usage strictement personnel, est interdite sans accord préalable avec la revue.