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Les Allumés du Jazz, n°9

    Les Allumés du Jazz, 2003-12-00

Le numéro 9 des Allumés du jazz - “une sacrée publication gratuite à la périodicité diablement aléatoire” - vient tout juste de paraître. L'Écho de MFA reproduit ici les chapeaux des articles qui y sont consignés. Vous pouvez vous procurer le journal dans sa totalité en vous adressant aux Allumés du jazz · 128, rue du Bourg-Bellée · 72000 Le Mans · t. 02  43  28  31  30 · f. 02  43  28  38  55 · m. all.jazz@wanadoo.fr · et bientôt w.  www.allumesdujazz.com

AU SOMMAIRE DU NUMÉRO 9 (dernier trimestre 2003)

LE JOUR : la propriété et le vol par Jean-Jacques Birgé
La mort aura été la grande vedette de l'été 2003. Mort en Irak, mort en Palestine, mort au soleil, mort par les flammes, mort d'une actrice et, pour fêter notre retour au travail, les médias annonçaient la mort du disque. Comme dans toute affaire, les boucs émissaires furent un peu légèrement nommés : gamins pirateurs, téléchargeurs, prix du disque, en oubliant un peu vite les carences d'une industrie (indépendante ou non) qui a eu peine à témoigner, peine à accompagner les mouvements (si faibles soient-ils), s'essoufflant à l'occasion sur des formules éprouvées jusqu'à devenir éprouvantes et enfin sur la place de la musique dans un monde saturé de sons. Disque mort ? À voir. Point de vue.

WHAT'S NEW ?
Comme à chaque numéro du journal des Allumés du jazz, les labels présentent leurs propres nouveautés. Vingt disques viennent grossir les rangs d'un catalogue riche de plusieurs centaines de références. Et pour ce numéro, « L'île noire », une sélection de disques belges : la Belgique est tellement réputée pour ses bandes dessinées qu'on en oublie ses musiciens et ses labels indépendants. Pour corriger cet effet d'optique, nous avons décidé de nous pencher sur cette production et de nouer quelques liens. Voici, proposée à votre appétit, une première sélection de six albums qui démontrent qu'il y a de la diversité partout et nous en sommes heureux ! Dorénavant, chaque numéro apportera son lot de disques venus de là-bas ! C'est grâce à Philippe Schoonbrood, rédacteur en chef du magazine Jazzaround, que nous pouvons vous proposer cette sélection.

INTERMITTENCE par Didier Petit
Sous couvert de récession menaçante, nous sommes entrés dans une phase de régression qui pourrait être fatale au modèle culturel qui nous est envié dans le monde entier. On entend souvent que les artistes sont à la charge de la société alors qu'ils en sont les racines et qu'ils défendent ce dont sont faits les rêves. L'été dernier, on a pu constater à quel point ils participent aussi à l'économie générale. Les sacrifier, c'est comme marginaliser les minorités, sociales ou culturelles, c'est revenir à uniformiser la pluralité. Le gouvernement qui se fait le complice d'un patronat avide de profits à court terme toujours plus juteux voue son pays à une déchéance certaine. L'Allemagne en son temps en fit les frais, elle en porte encore les séquelles. Les artistes refusent de payer pour les sociétés audiovisuelles qui fraudent en déclarant de faux intermittents, pour un État qui ne protège pas son patrimoine passé et futur ; ils se mettent en lutte contre le formatage imposé par les médias qui transforment l'audience complexe en purs consommateurs. Si le statut actuel des intermittents du spectacle mérite une réforme, ce n'est certainement pas en empêchant la jeunesse de prendre la relève ni en forçant des milliers d'artistes à abandonner leur passion créatrice pour pouvoir survivre. Il est au contraire plus que jamais nécessaire d'étendre ce statut à toutes les catégories de créateurs (écrivains, graphistes, plasticiens, photographes, etc.), qui font d'une société une civilisation.

CLIC ! CLAC ! par Michael Lewis, Daunik Lazro, Joe Mc Phee et Guillaume Orti
Un monde a commencé avec Ornette Coleman. Ce monde de cronopes ne s'achève pas à chaque coin de rue. Il s'agit de danse, d'énormes morceaux d'étoiles pour le bonheur des sels d'argent. Quatre saxophonistes à l'écoute d'Ornette regardent.

DIRECTIONS : Voyages voyagent par Jean-Marc Padovani, Sylvain Kassap et René Bottlang
Les musiciens sont par essence d'étonnants voyageurs. Ils débordent facilement le cadre déterminé par leur langage propre, port d'attache pour baroudeurs en partance. Autant d'escales à l'honneur. Qu'est-ce qui les attire ailleurs ?

WHAT'S OLD BUT NEW ?
Crise ou pas crise, les trésors du passé existent et peuvent revivre de façon vivante et créative, loin de la simple conservation. MIO Records, compagnie israélienne dirigée par Meidad Zaharia, sortira l'album-culte Défense de de Birgé Gorgé Shiroc enregistré en 1975, augmenté de quatre bonus et accompagné d'un DVD incluant 6 heures de musique inédites du trio (1975) et le film La Nuit du phoque de Jean-Jacques Birgé et Bernard Mollerat (1974). Prenons-en de la graine, le passé, c'est le présent.

MOTS CROISÉS : le mystère de la chambre jazz et cinéma par Suzanne Ménessier
L'autre soir, à l'émission de Thierry Ardisson, le producteur de shows (télévisés ou non) Gérard Louvin expliquait que pour l'adaptation sur scène du classique de Jacques Demy Les Demoiselles de Rochefort, le compositeur de musiques de film Michel Legrand avait adapté "son jazz de 1967 pour le transformer en jazz de 2003". L'après-midi même, je m'étais procuré All That Jazz (un siècle d'accords et de désaccords avec le cinéma). J'ai donc pensé que c'était le moment opportun pour ouvrir ce très attrayant livre. Vous conviendrez, cher lecteur, que cet enchaînement ne relève aucunement du mystère ou en tout cas un mystère moins fort que celui de cette histoire chien-chat de Jazz et de Cinéma. Dans À bout de souffle, Jean-Paul Belmondo demande au producteur américain (joué par Jean-Pierre Melville) : "Qu'est-ce que le cinéma ?" Si c'était Nesuhi Ertegun qui était descendu d'avion, il aurait pu aussi bien demander : "Qu'est-ce que le jazz ?" Le mystère est aussi grand. Selon le Petit Robert, le jazz est "une manière particulière de traiter le temps musical". On pourrait, mystère pour mystère, appliquer cette définition au cinéma.

LE COURS DU TEMPS : le chemin de faire d'Henri Texier rencontre avec Jean Rochard
Le made by French jazz a ses pierres de taille : Free Jazz de François Tusques, Chateauvallon 72 de Michel Portal, La Guêpe de Bernard Vitet, Quand le son devient aigu, jeter la girafe à la mer de Jacques Thollot. Autre exemple flagrant : Amir d'Henri Texier, acte musical parfaitement dans son temps, osait renouer par avance avec ce qui n'allait pas tarder à nous manquer. La persistance du chant comme donnée (on pourrait dire offrande) à partir de laquelle tout est possible. Du dixieland à Jef Gilson pour ensuite recevoir les gestes magnifiquement déclencheurs de Dexter Gordon, Art Taylor, Lee Konitz ou Don Cherry, appartenir au prototype du jazz en superforme avec le groupe de Phil Woods, risquer la pop music pour devenir un élément fondateur de la scène française, qui n'oublie jamais et qui offre toujours beaucoup de présent au futur.

Pierre qui roule par Dominique Répécaud
Rien n'est jamais acquis, ni le succès, ni les subventions, ni l'amour, la mort peut-être. Paradoxalement, la révolte fait partie du système, elle lui permet de perdurer. Il est souvent nécessaire de mordre la main qui vous nourrit. La liberté de parole est un droit chèrement défendu et la musique a besoin de cette liberté pour continuer à s'inventer.

POINTS DE VUE ET IMAGES DU JAZZ par Nathalie Neuville

TROIS BRUNES LIBRES par Jean-Louis Wiart, Bernard Santacruz et Guy Le Querrec


 

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