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MFA, une volonté d’ouverture

  Guillaume Rondelet  Rédaction MFa

Pour ses trois récentes parutions dans l'univers du jazz, MFA persiste en son ouverture en soutenant ces projets, et signe ses choix, avec le quintette du pianiste Jean-Marie Machado, le quartette du contrebassiste Yves Rousseau, et le trio du guitariste Pierrick Hardy.

Pour ses trois récentes parutions dans l'univers du jazz, MFA persiste en son ouverture en soutenant ces projets, et signe ses choix, avec le quintette du pianiste Jean-Marie Machado, le quartette du contrebassiste Yves Rousseau, et le trio du guitariste Pierrick Hardy.

 

Depuis Chants de la mémoire (Hopi 200016, dist. Socadisc, 1997), qui mêlait une Bretagne rêvée au zarb d'Iran, sur fond de vielle à roue et de musette (et avec le septuor Vibracordes) Jean-Marie Machado a laissé parler le deacute;sir d'un retour ; un retour vers le jazz, son évident lyrisme, ses embrasements soudains, et ses rythmes de fête, nimbés de mélancolie. Lyrisme, puisque tel est son titre (JMS 18719-2, dist. Sony), est né d'un quartette du même nom, avec le trompettiste Paolo Fresu, le contrebassiste Riccardo Del Fra, et le batteur Jacques Mahieux. Par une alternance ardemment désirée, le saxophoniste Andy Sheppard se substituait pour certains concerts au trompettiste. Le disque les réunit, à quatre ou cinq, selon les plages. Tout ici chante, entre les compositions du pianiste, les improvisations (pétries de nuances) de ses partenaires, et deux emprunts à Manuel de Falla, traités avec cette fraîcheur qui fait, d'un détournement mutin, comme un signe de révérence. Rarement titre fut plus mérité : la musique, ici, est intensément, délicatement, lyrique.
Yves Rousseau (qui fut naguère partenaire de Jean-Marie Machado : tout est confrérie, en terre de jazz...) signe un projet de folie douce. Sous un titre exquis, Fées et Gestes (Hopi 200027, dist. Socadisc), il a rassemblé un quartette (Jean-Marc Larché au saxophone, Régis Huby au violon, Christophe Marguet à la batterie), pour une musique aussi rêveuse qu'aventureuse. Ici l'euphonie de parties concertantes croise l'euphorie violente d'improvisations expressives et radicales. Et la musique parle à notre imaginaire, à nos rêves lointains peuplés d'improbables fées, de génies et de gnomes ; elle évoque aussi le souvenir de formes épurées, de constructions hardies, qui se mêlent aux émois de l'instant.
Ce n'est probablement pas un hasard si l'on retrouve le violoniste du précédent trio, Régis Huby (au sein du Quatuor Ixi), sur une des plages du disque de Pierrick Hardy, Corsaire (Musica Guild 02-119-2, dist. Mélodie). Car il doit se sentir chez lui dans la musique du guitariste, fidèle au mélange d'écriture et d'improvisation qui marque son travail depuis une décennie. Pierrick Hardy conjugue brillamment ces paramètres, en compagnie du violoniste Nicolas Krassik et du contrebassiste Jean-Philippe Viret ; il invite aussi pour une plage un complice de longue date, l'accordéoniste Francis Jauvain. C'est comme une rencontre entre le jazz et la musique de chambre, par l'esprit, l'instrumentation, et aussi par la profonde connivence entre musiciens que supposent ces deux univers. Mais la chambre est bruissante de vie, de murmures et, sous son apparente mélancolie, laisse deviner le souffle, l'esprit du jazz.

 

par Guillaume Rondelet ©


 

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