Pierre Monfort,
Classica, avril 2003, n° 51
Ce programme nous plonge dans l'univers fascinant des cordes. Violoniste de formation, Canat de Chizy adopte pourtant ici une approche distante des schémas traditionnels d'écriture et nous propose de découvrir un monde sonore original. Aussi, comme un certain nombre de ses contemporains, elle cherche à s'échapper des systèmes, exploitant la difficulté technique de l'instrument et nourrissant souvent son propos par des concepts (le mouvement dans Moving, un faisceau lumineux pour Irisations ou encore la notion du temps dans Tiempo). Si le langage harmonique (atonal), rythmique et mélodique semble peu intéresser Canat de Chizy, c'est essentiellement un travail sur le son qu'effectue la compositrice (vibrations, résonances, halo sonore...). L'écriture souple, libre et imaginative, nous permet ainsi d'entendre des effets sonores (peut-on parler de bruits ?) des plus réussis – en ce sens, Vivere semble être l'œuvre la plus achevée. Cette disciple de Maurice Ohana nous fait une démonstration étincelante d'un métier solidement acquis, et pourtant, cette musique manque trop souvent de nous émouvoir. Les interprètes offrent quant à eux une exécution de ces pièces absolument remarquable, tout comme le soin apporté à ce disque par le label æon : la prise de son, le livret et la présentation sont exemplaires.
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Benoît Fauchet
Diapason, avril 2003, n° 502
Un précédent disque monographique très réussi (Timpani), prodigue en concertos (l'un pour violon, l'autre pour violoncelle) et riche d'une pièce pour douze cordes, nous avait utilement renseignés sur la passion d'Édith Canat de Chizy pour l'archet. Dans des formes plus modestes, la compositrice poursuit et renouvelle, avec un égal bonheur, sa déclaration d'amour au violon – qui l'initia à la musique – et, plus largement, à toute sa famille d'instruments. En solo, Édith Canat de Chizy impose à ses artistes une lutte intense avec eux-mêmes, une profonde remise en cause du récit, en perpétuelle mutation : cela donne Irisations, où le violon errant de Diego Tosi éblouit par sa grâce malgré les embûches, et Danse de l'aube, avec un Marc Siffert (contrebasse) parcourant avec force, mais sans dureté, la tessiture de son instrument.
Déjà très dense et empli d'une saine vitalité dans les trois trios (Hallel, Tiempo et Moving), le propos d'Édith Canat de Chizy culmine en un quatuor majeur, qui sonnerait presque avec une intensité d'orchestre à cordes. Vivere possède cette qualité majuscule de servir un discours sans temps mort, qui se nourrit d'élans et de ruptures tout en préservant quelques lignes mélodiques régénérantes, porteuses d'une touchante sensualité.
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Pierre Gervasoni
Le Monde, 31 mai 2003
"Une personnalité à saisir !"
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Jacques Drillon
Le Nouvel Observateur, 6 février 2003
“La musique d'Édith de Chizy révèle une personnalité à saisir entre les lignes, tantôt franche et passionnelle, tantôt secrète et spirituelle.”
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