La Presse a aimé :
Vincent Cotro, Jazz Magazine, juin 2009, n°604
Jean-Marc Gelin, Jazzman, juin 2009, n°158
Jazz Magazine, juin 2009, n°604
Vincent Cotro
Qu'est-ce donc que la french touch ? Le souffle léger qui relie Fauré aux chansonniers des Années Folles, le jazz naissant à l'outrecuidance faussement compassée de Satie, la Valse de Ravel au tango? À moins qu'il ne s'agisse des sons mêlés de l'accordéon et de l'orphéon qui résonnent dans l'instrumentation de ce Diagonal ... Ça commence très fort, avec une Musette décoiffante et pas vraiment franchouillarde, truffée de décalages et d'audaces métriques. Comme si, avec son goût pour l'impair, Cholet voulait faire écho aux précédents volumes de sa trilogie européenne (dont "Slavonic Tones" paru en 2006). Ailleurs, ce sont des pincées d'orientalisme qui désorientent (Faux prétexte). Le titre de cette pièce, qui suggère que le matériau issu de Ravel n'y est guère reconnaissable, pourrait finalement s'appliquer à l'ensemble : le souci est bien moins celui de la redécouverte/relecture d'un répertoire que celui d'offrir un nouvel angle d'attaque à cet orchestre bien nommé. Les arrangements sont compacts à l'image de l'effectif (notamment les vents : deux trompettes, deux saxophones, trombone et tuba), les profils nets et les mises en place tirées au cordeau (Frou Frou !). Mais ça respire, comme on le dirait d'un tissu, et c'est d'une clarté à mettre au crédit de l'arrangeur et des musiciens, mais aussi du travail impeccable de Gérard de Haro et Nicolas Baillard (La Buissonne). L’équilibre tient aussi aux espaces ménagés pour chaque soliste à l'échelle de l'album entier. On aime la version décalée, cinématographique, de Fascination, subtilement dérangée plutôt qu'arrangée par le tubiste Arnaud Boukhitine, ou encore J'ai deux amours transformée en mini-concerto pour la trompette de Patrice Bailly. Un fort beau travail en résumé, emblématique de la cohésion permise par ce type de format intermédiaire, et ici atteinte au prix d'un compagnonnage musical inscrit dans la durée. Vincent Cotro Nous remercions Jazz Magazine pour son aimable autorisation. Toute reproduction à partir de ce site, autre qu'à usage strictement personnel, est interdite sans accord préalable avec la revue.
Jazzman, juin 2009, n°158
Jean-Marc Gelin
Après nous avoir ébloui avec la musique des Balkans, Jean-Christophe Cholet et sa formation Diagonal nous propose une lecture brillante et très personnelle de la musique française du début du XXe. Sur huit titres, la moitié sont des compositions originales, les autres empruntés à Fauré, Vincent Scotto (J'ai deux amours subtilement revisité) ou Henry Château (Frou frou émoustillant) ou s'inspirant de Satie. Les arrangements du pianiste sont riches, intelligents et exploitent toutes les richesses orchestrales. Le tentet nous embarque dans une histoire très construite, très architecturée, dont la principale caractéristique est d'être toujours en mouvement (de la valse au tango jusqu'au ralenti du temps suspendu). Cependant, cette excellence de l'écriture se fait parfois aux dépens d'une certaine simplicité et les mises en valeur des solistes, très éphémères, tendent à se perdre dans la dimension orchestrale. Détournant tous les clichés, passant du format restreint aux couleurs d'un "orchestre d'harmonie", cette diagonale prend néanmoins des airs de kaléidoscope aussi subtil que flamboyant. Jean-Marc Gelin Nous remercions Jazzman pour son aimable autorisation. Toute reproduction à partir de ce site, autre qu'à usage strictement personnel, est interdite sans accord préalable avec la revue.
Jean-Christophe Cholet | DiagonalFrench Touch avec : Patrice Bailly, Arnaud Boukhitine, Jean Christophe Cholet, Julien Labergerie, Christophe Lavergne, Nicolas Mahieux, Yann Martin, Vincent Mascart, Geoffroy de Masure, David Venitucci cristal records - 2009 - ref : CR 148