Festival mÈditerranÈen

Les chevaliers de l’ordre de Malte, vainqueurs des Ottomans, ont fait appel à de nombreux musiciens. Des trésors musicologiques se trouvent dans les églises et cathédrales de l’île.
Salvino Busuttil, ambassadeur de Malte à Paris, aime à rappeler que sans la résistance des chevaliers de Malte, en 1565, lors du siège de l’île par Soliman le Magnifique et ses 40 000 Turcs, le sort de l’Europe aurait été changé. Les fortifications construites par Jean Parisot de La Valette, grand maître de l’ordre de Malte, qui donna son nom à la capitale du pays, y ont beaucoup contribué. Longtemps sous influence française, puis colonie britannique, Malte a acquis son indépendance en 1964 et est devenue une république en 1974.

Richesses musicales
Les chevaliers de l’ordre de Malte ont fait appel, au cours des siècles, non seulement aux plus grands architectes, peintres et sculpteurs de leur temps, mais aussi aux musiciens, et il se trouve des trésors musicologiques encore non exploités dans les archives du musée de la Cathédrale.
Ainsi, grâce aux recherches de Frederick Aquilina, jeune musicologue maltais, a-
t-on pu entendre début juin en France, par l’ensemble Collegium Orpheus, sous la direction de Jean-Marc Labylle, avec notamment, en soliste, Gérard Lesne, le Dixit Dominus de Don Benogno Zerafa (1726-1804), qui fut maître de chapelle de la cathédrale de Malte. Un autre maître maltais de cette époque à découvrir est Francesco Azopardi.

Les compositeurs internationaux
Plus connu des Européens est Nicolo Isouard, dit Nicolo (1775-1818), qui a d’ailleurs droit à une rue dans le 16e arrondissement de Paris. Fils d’un riche marchand maltais, il fut envoyé étudier à Paris. Revenu à Malte pendant la Révolution française, il se rendra par la suite en Italie, où il prendra le nom de Nicolo de Malte, puis de Nicolo tout court. De retour à Paris au début des années 1800, il présentera avec succès plusieurs œuvres à l’Opéra-Comique.
Aujourd’hui, le compositeur Charles Camilleri, né en 1931, est surtout connu dans le monde anglo-saxon. Il a écrit près de 300 œuvres d’une grande variété, notamment, en 1985, un opéra intitulé The Maltese Cross (“La Croix de Malte”), d’après les fragments de pièces laissés par Schiller, sur le siège de Malte, avec, évidemment, pour héros Jean Pariso de La Valette, grand maître de l’ordre de Malte.
Une version pour chambre de cet opéra a été présentée le 22 mai à Paris à l’auditorium Saint-Germain sous la direction de Christophe Vella. Charles Camilleri a également fondé le Festival international de chœur de Malte et dirigé le Festival de La Valette.

Interprètes d’aujourd’hui
Quant aux artistes maltais, les chanteurs actuellement les plus connus internationalement sont Miriam Gauci, soprano, qui a chanté à l’Opéra Bastille, et le jeune ténor Joseph Calleja, qui a chanté récemment dans La Somnambule de Bellini en Avignon (voir LM 294).

Propos recueillis par Michèle Worms

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