Le Grand Prix lycéen des compositeurs 2004 a distingué en mai dernier Jean-Louis Florentz, prématurément disparu cet été. Dans la sélection proposée aux élèves par La Lettre du musicien était également retenu  Qigang Chen et son œuvre Wu Xing (Virgin).

Quelle est la relation entre chaque mouvement de Wu Xing ? L’élément qu’il représente est-il de nature symbolique ?
La commande de cette œuvre par Radio France en 1998 a coïncidé avec une période de quête personnelle et je l’ai considérée comme un défi, dans la mesure où je devais affronter des contraintes particulières comme celle de la durée, qui ne devait pas dépasser une dizaine de minutes. D’où l’idée d’écrire cinq pièces brèves d’environ 2 minutes chacune, rattachées à un symbole différent.
J’ai décidé d’exprimer mes propres conceptions des relations entre les éléments et d’en proposer une interprétation musicale. Pour moi, l’eau est l’élément le plus fort, bien qu’il soit caractérisé par un mouvement calme. Le bois est le plus riche, d’où une série de variations. Le feu représente la vie, la chaleur, mais n’est pas agressif. La terre est la matrice, le principe originel. Le métal se réfère à la fois à la force et à la lumière.

L’orchestre symphonique a-t-il un avenir pour la création musicale ?
L’orchestre occidental, par sa nomenclature instrumentale, donne un moyen et des possibilités inépuisables d’expression musicale. Le traitement orchestral montre que la question de la tonalité représente un petit problème parmi des milliers d’autres, et le chemin que Schoenberg avait trouvé est loin, comme on l’a prétendu, d’être la seule issue possible. Sur la même tonalité ou atonalité, ou plus exactement sur une même mélodie, on pourrait créer une œuvre orchestrale offrant un caractère complètement différent d’un compositeur à l’autre. L’orchestration fait partie du caractère emblématique d’une œuvre et n’est pas moins importante, au contraire de ce que beaucoup pensent, que les rythmes, la forme, la tonalité et l’harmonisation.

Y a-t-il, dans Wu Xing, en dehors du « sujet », une influence de la musique chinoise ? 
Peut-être pas l’influence directe d’un langage musical mais la gestion du temps et la pensée linéaire de la musique traditionnelle chinoise y existent d’une façon évidente, surtout dans la première pièce (Eau), la deuxième (Bois) et la quatrième (Terre).

Existe-t-il, dans la musique classique occidentale, des éléments qui se rapprocheraient de la musique traditionnelle chinoise ?
Certains instruments comme la harpe ou la clarinette ressemblent, par leur sonorité, à des instruments chinois. Une grande partie des percussions est venue d’Asie. Les musiques de Debussy, Ravel, Puccini, Messiaen et bien d’autres étaient influencées par la musique d’Extrême-Orient.

Nous remercions La Lettre du musicien pour son aimable autorisation. Toute reproduction à partir de ce site, autre qu’à usage strictement personnel, est interdite sans accord préalable avec la revue.

Qigang Chen et MFA

to mail us
Retour/Back