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Après l'aventure orchestrale de Quoi de neuf docteur-, le trompettiste oscille aujourd'hui avec bonheur entre deux pâtes nécessaires : les musiques minimalistes électroniques avec le collectif Diaphonic et les musiques balkaniques et festives avec le trio Hradcãny. Un hyperactif très éclectique. Après avoir pendant près de quinze ans dépensé une énergie et un temps considérables pour donner à son big band Quoi de neuf docteur un avenir ambitieux mais toujours très précaire, Serge Adam a décidé depuis cinq ans de changer de cap. En se retournant d'abord sur sa trompette. Pour cause de travaux d'écriture et de montage de projets sans fin, il avait quelque peu délaissé son instrument. Mais il est plus facile de changer de style musical que de façon de jouer. "Avec la trompette, cela exige une évolution plus lente, plus compliquée qu'avec l'écriture. Si j'ai choisi de faire une pause dans mes productions, c'est pour m'offrir plus de temps pour travailler la trompette. Je joue aujourd'hui d'un instrument spécialement traité pour moi par Gilles Reigner. Cet acousticien a su éliminer des harmoniques naturelles parasites afin de rendre le son plus mat, plus linéaire. Cela enlève à la trompette son côté claironnant et flamboyant. Ce nouveau son se marie mieux avec les cordes et les bois, principalement le timbre de la clarinette." C'est de cette idée forte que sont nées,
peu à peu, au fil des rencontres, trois expériences collectives
aujourd'hui regroupées sous le label Diaphonic. Trois passionnantes
performances interactives entre matière sonore et visuelle faisant
toujours habilement intervenir le numérique pour un traitement
en temps réel du son, de l'image et de la diffusion dans l'espace.
Après Haute Fréquence 4.1 et Around 3 Gardens,
c'est au tour de Landscape, qui vient de paraître. Pour tous ces projets, Serge Adam a su s'entourer d'une
équipe de base particulièrement motivée, avec Gilles
Coronado et Benoît Delbecq, l'ami complice de longue date. Mais
aussi Marc Chalosse, premier jazzman "ouvertement défroqué"
qui a choisi, avant la mode numérique, d'abandonner son piano pour
expérimenter en pionnier les claviers électroniques ; Éric
Verhnes, imprévisible improvisateur vidéo ; et enfin, Djengo
Harlap, manipulateur d'espèces d'espaces, ingénieux ingénieur
du son dont la fonction est de mixer en direct les instruments et d'inventer
une circulation spatiale de la musique dans les quatre enceintes dont
il joue comme d'un instrument à part entière. "Nous essayons
de garder tout leur côté humain aux musiques électroniques,
précise Serge Adam. On souffre d'une dématérialisation
de l'artiste qui se cache derrière un clavier, un écran
et une souris. Pour moi, il est important qu'on voie au moins deux instruments
acoustiques, les doigts sur les pistons, le geste de l'improvisation dans
tout son engagement physique..." L'autre aventure que mène parallèlement
Serge Adam est Hradcãny. Le trompettiste a créé ce
trio suite à une résidence en Champagne-Ardenne avec Philippe
Botta, saxophoniste spécialiste des musiques orientales (Senem
Diyici) et David Venitucci, accordéoniste surdoué. "Avec
ce projet festif très exigeant, je retrouve le plaisir de la performance
instrumentale. Avec les musiques balkaniques très compliquées
à bien jouer, je peux développer un autre visage de ma personnalité.
Au niveau de mon équilibre musical, mes deux pôles, électronique
et balkanique, se complètent idéalement. J'ai besoin des
deux pour m'épanouir totalement." Nous remercions Jazzman pour son aimable autorisation. Toute reproduction à partir de ce site, autre qu'à usage strictement personnel, est interdite sans accord préalable avec la revue. |
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