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Alex Dutilh La lampe est éteinte. Fini pour l'instant le temps de la relecture. Bill Evans, Paul Motian, Lennie Tristano, les musiques de film... Ils auront été les révélateurs successifs (au sens photographique du terme) d'une esthétique lumineuse, d'une précision des traits dans les contre-jours, d'une maîtrise des lumières crues, des rais de couleurs transperçant les persiennes closes. Pour signer son uvre la plus intime à ce jour, le pianiste et compositeur a choisi la forme du quintette. En la dilatant imperceptiblement : piano, contrebasse (le fidèle Bruno Chevillon), batterie (Nicolas Larmignat) et deux anches, Matthieu Donarier (saxophone soprano) et Jean-Marc Foltz (clarinettes). L'arbre généalogie : l'écriture ouverte du Barre Phillips de l'époque ECM, les lueurs bleutées de Daniel Goyone. Le disque est admirablement et comme littérairement agencé, d'une préface à une postface, évoquant ici l'immobilité, là l'ellipse, célébrant le silence et la fragilité. L'écriture multiplie les nuances, offre à ses acteurs une gamme de jeux et de textures qui ne s'épuisent jamais, une alternance de durées aussi (formes brèves ou développées au sein desquelles on a du mal à déceler ce qui relève de l'écrit et de l'improvisé). On est presque saisi de pudeur à oser noter que cette musique, par ses timbres, son piano, son rythme intérieur, ne saurait être que « française ». Translucide et moirée, frissonnante et intransigeante, elle avance sur un chemin de crête, entre nues ombrées et plein soleil. Un grand et surtout « vrai » disque. Magistralement envoûtant. Nous remercions Jazzman pour son aimable autorisation. Toute reproduction à partir de ce site, autre qu'à usage strictement personnel, est interdite sans accord préalable avec la revue. |
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Stephan Oliva Itinéraire imaginaire Stephan Oliva, piano Matthieu Donarier, saxophone soprano Jean-Marc Foltz, clarinettes Bruno Chevillon, contrebasse Nicolas Larmignat, batterie Avec le soutien de MFA Sketch , 2004, SKE 333042 |