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Renaud Czarnes Ah ! André Minvielle, « vocal chimiste » et « batteur maigre » révélé au sein de la Compagnie Lubat. Chanteur exceptionnel, ses enregistrements sont trop rares pour ne pas être chers. Minvielle, l'ancien apprenti-horloger, met une nouvelle fois les « pendules à l'uvre » (comme dit Lubat) et livre un disque-manifeste accompagné d'un livret (une uvre en soi) pour nous expliquer « labcderre de la vocalchimie ». Tout, tout est bon pour faire du son, et tout, tout est bon pour faire du sens, dessus comme dessous. Rarement un artiste a donné à ce point libre cours à ses idées. « Je suis pour le côté hybride qui mêle ancien et nouveau, pecno-beat et techno », nous indiquait le chanteur il y a quelque temps. Il n'a pas changé. Micro-reportages, fragments de vies, cloches de vaches, collages, samples, calembours (« Nul n'est censé ignorer la Loire »). Morceaux de bravoure (Balagora, J Fonce, Le Bo Vélo de Babel), chansons à danser (Tambouroundiou, L'Esquinade), ce nest pas un enregistrement austère qu’on peut entendre, mais des fantaisies à écouter, à regarder (le livret) et pour rire : on se délecte avec les paroles des Chaudrons, écrites par Minvielle en hommage à ses camarades de classe qui chantaient épouvantablement faux ! Évidemment, on pourrait estimer qu'on est assez loin du jazz. Minvielle se situe davantage dans l'expérimentation (sans oublier l'improvisation). Agitateur d'idées, il fouille, farfouille, trifouille mais revient sans cesse à la cadence. D’ailleurs, il le dit lui-même : « La métrique, la métrique, je veux l'avoir et je l'aurai ! » Nous remercions Jazzman pour son aimable autorisation. Toute reproduction à partir de ce site, autre qu’à usage strictement personnel, est interdite sans accord préalable avec la revue. Frédéric
Goaty C'est parti ! Minvielle fait vibrer sa crécelle de grillon-griot. Les mots crépitent. Volées de bois vert, et pourtant ça prend feu ! Unique ce loustic ! Alphabétique (l'abcd'erre, quel concept !) et désalphabétique, voyelles et consonnes valsent à tous les temps, c'est excitant. Humoristique sa cabalistique linguistique. Mystérieuse mais pas incompréhensible : frénétique, méthodique, vocalchimique et phonographique, journalistique, politique, ethnographique (« Le medium, c'est le message », et inversement), signifiante, mais pas insignifiante (jeux de mots pas laids qui claquent sur le palais). Minvielle, l'enfant des mots, persévère sans perdre ses vers en cours de roots. Le français sur tous les tons (mettons bien l'accent là-dessus), rythmé-rappé-tchatché-dévoré comme un cri de Munch inversé (sli tno élov el uaelbat sec snoc àl !), c'est lui. Minvielle tisse sa toile, connecté sans fil à tous les chants et les dires et les mots et les maux et les joies du grand village la « villagisation globale » ! Minvielle est là, Minvielle est grand, c'est notre maître-fou de la rime riche, slammeur en VF, rappiste taille XL. Ne manquez pas ça (disque d'abcd'émoi, évidemment). Nous remercions Jazz Magazine pour son aimable autorisation. Toute reproduction à partir de ce site, autre qu’à usage strictement personnel, est interdite sans accord préalable avec la revue. |
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André Minvielle L'ABCD'erre de la vocalchimie André Minvielle, voix, chant, table, sampler, bouteille, percussion, guimbarde, cloches, trompette de l'Est, accordéon, bambou des Landes, harmonizer, batterie, piano, porte-voix, sac plastoc, diapason, balais Sylvain Guérineau, saxophone Didier Petit, violoncelle et voix ; Francis Marmande, Svante « Stiky » Jacobsson, contrebasse Marc Perrone, Lionel Suarez, accordéon Stéphane Bissières, Julien Sermet, guitare acoustique Jean-Paul Raffit, guitare électrique Bernard Lubat, basse synthé Fabrice Viera, Yohan Scheidt, tambours Arno Tartary, tres Avec le soutien de MFA Le Chant du monde, 2004, 274 1281
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